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Arts visuels Interdisciplinarité Patrimoine - culture - sociétés Patrimoine immatériel Architecture - Urbanisme

Objectifs

Ce projet de participation citoyenne a pour objectif d’affirmer l’importance de la numérisation des patrimoines culturels immatériels, et de retisser avec les habitants des banlieues nord de Paris la mémoire numérique des projets participatifs artistiques auxquels ils ont contribué.

Actions concrètes

• Ateliers pratiques sur la mise en archive des projets participatifs culturels
• Échanges autour de la place des archives dans l’histoire et la citoyenneté
• Promenades mémorielles, cartographie collective
• Exploration d’autres archives numériques et physiques

Déjà créé

Type de projet : En ligne, sur le terrain

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Jardin NKA, Friches Théâtre Urbain, Aubervilliers, 2019
Crédits photo Sarah Harper
Jardin NKA, Friches Théâtre Urbain, Aubervilliers, 2019
Crédits photo Sarah Harper
Tendresse Radicale, Friches Théâtre Urbain, Villetaneuse, 2021, dessins Damien Roudeau
Crédits photo Sarah Harper
Tendresse Radicale, Friches Théâtre Urbain, Villetaneuse
Crédits photo Pascal Laurent
L’Espwar est un temps boisé, Friches Théâtre Urbain, Montreuil, 2012
Crédits photo Sarah Harper
Jardin NKA, Friches Théâtre Urbain, Aubervilliers, 2021
Crédits photo Sarah Harper
Tendresse Radicale, Friches Théâtre Urbain, Villetaneuse, 2021
Crédits photo graphisme : Sarah Harper et Pascal Laurent
Jardin NKA, Friches Théâtre Urbain, Aubervilliers, 2021
Crédits photo dessins: Frede Déthier

Description du projet

Contexte du projet 

L’art et la culture sont de plus en plus mobilisés dans la fabrique de la ville par des artistes, des communes ou des inter-communalités. Des projets articulés autour de la rénovation urbaine des quartiers, menés par des professionnels à l’intersection de la performance, de l’architecture, de l’urbanisme, de l’aménagement paysager et de l’agroécologie, ont accumulé des récits de la banlieue, qui restent cependant invisibles.

La compagnie Friches Théâtre Urbain est profondément attachée à la fonction sociale de l’art et crée des projets de grand voisinage privilégiant la participation. Nos projets mobilisent les habitants aux côtés d’urbanistes, d’aménageurs, d’artistes et d’acteurs culturels et sociaux. Ces projets relationnels et ces créations in-situ impliquent l’usage du théâtre, de la performance, des actions “domestiques performatives” de jardinage, de cuisine ou de dégustation, avec des créations de lieux de rencontre, des installations de jardins, de salons de coin de rue, des camionnettes-snacks, ou des studios-photo éphémères. C’est aussi un potager sur une friche urbaine à côté d‘une cité ou d‘un chantier, là où les espaces publics propices à la rencontre ou à la convivialité sont rares.

Des fragments de conversation participent aux créations dont ils sont la source. Ils contribuent à des œuvres sonores, dessinées ou de vidéo qui reflètent le quartier. Nos échanges de voisinage invitent à une participation active à la performance, au jardinage, à la fabrication ou à la balade urbaine.

Ce sont des interventions sur le tissu urbain qui redéfinissent l’usage démocratique de l’espace public par des modes de cohabitation insolites ou inattendus. Les performances sont intégrées dans des événements performatifs durables au sein de projets à l’évolution lente. C’est dans un langage domestique que nous tentons de repoétiser des espaces temporairement désaffectés ou fracturés par des chantiers de construction.

Au cours de longues immersions dans les quartiers, les artistes développent des relations privilégiées avec ceux qui y habitent. Ils recueillent le regard des habitants sur l’immigration postindustrielle et le développement périurbain de Paris. Cette expertise citoyenne invisible ou ignorée a une valeur inexploitée pour les acteurs locaux, comme les conseillers municipaux, les urbanistes ou les promoteurs. La valeur de cette étude d’historiographie sociale et urbaine réside dans la compréhension qu’elle offrira sur la manière dont la déstabilisation urbaine et le bouleversement social sont vécus au niveau des quartiers. L’archivage de ces récits cachés de la banlieue aura comme but de favoriser l’attachement au lieu dans des contextes de bouleversements continus et permettra aux habitants de se remémorer les changements urbains qu’ils ont vécus et la perception de leur environnement à une époque donnée.

L’archive résultante sera accessible à tous (suivant les modalités d‘accès définies par les habitants) et ouverte aux entrées d’autres projets participatifs en relation avec la rénovation urbaine. Ces archives seront une ressource pour l’historiographie de la performance, ainsi que pour l’urbanisme et la sociologie des villes. 

Objectifs

Qu’est-ce qu’une archive ? Comment travailler ensemble pour garder les souvenirs de nos quartiers ? Comment archiver les expériences d’un processus artistique participatif ? Comment raconter les visions, les ressentis et les richesses multiples d’un quartier en évolution ? Comment les témoignages des habitants, et les performances qui en résultent, reflètent ou décentrent les récits courants de la rénovation urbaine des banlieues nord de Paris ?

Ce projet d’exploration numérique propose de créer avec des riverains une archive citoyenne pour restituer et transmettre les histoires multiples des communautés et des individus qui ont vécu les projets de rénovation urbaine. Nous inviterons les participants à se positionner comme co-chercheurs pour définir la structure des archives et les protocoles d’inclusion, pour choisir les matériaux et les niveaux d’accès, et pour imaginer la forme de l’archive. Ainsi les anciens participants au projet définissent et choisissent quelles traces sonores et visuelles de l’histoire ils veulent partager. Cette recherche développera une méthodologie et un nouveau modèle de pratique archivistique pour les arts participatifs, afin de permettre une compréhension plus riche et plus nuancée de leurs processus relationnels. L‘archive se centrera sur la pluralité des témoignages oraux, aux côtés de traces de performances plus traditionnelles, pour donner un accès détaillé, sensoriel et contextualisé à la matière première, actuellement inaccessible.

La pratique archivistique de ce coproduction de connaissances entre habitants, artistes et chercheurs sera proposée comme espace créatif et social, en co-créant les archives avec des groupes d’habitants des différents quartiers concernés. L’ensemble de ce processus participatif sera documenté.

Modalités de participation

Les compagnies artistiques contactent les groupes de riverains qui ont participé aux projets artistiques participatifs et les invitent avec d’autres habitants du quartier à rejoindre des ateliers de mise en archive,

  • pour réfléchir à la manière dont ils souhaitent conserver et présenter ces archives sur la plateforme 
  • pour écrire l’histoire commune de leur quartier, et ainsi de la ville, à travers leurs multiples regards et souvenirs.

Actions concrètes 

  • Ateliers pratiques sur la mise en archive du processus participatif artistique (sélection et construction numérique des traces des mémoires communes). Échanges entre habitants et artistes sur le choix des documents, sur les contenus à archiver, et sur la manière de les présenter. 
  • Débats et échanges autour de la place des archives dans l’histoire et la citoyenneté. 
  • Promenades mémorielles et cartographie collective. 
  • Exploration d’autres archives numériques existantes. 
  • Visites d’introduction et de recherche aux Archives Nationales à Pierrefitte, aux Archives de Saint-Denis ou à la Ville de La Courneuve pour son patrimoine maraicher de la Plaine des Vertus.
  • Interviews avec participants et artistes enregistrées, autour de la connaissance et appréciation de l’évolution urbaine à l’échelle de la ville ou du quartier, et la fonction civique d’une archive.

Calendrier

En 2024 ce projet entend développer un prototype à Villetaneuse et Aubervilliers. 

En 2025–26, nous nous proposons d’élargir l’enquête aux projets participatifs menés sur d‘autres villes avoisinantes (Stains, Pierrefitte, Saint Denis, Gennevilliers) par les compagnies Gongle, Groupe LAPS, Collectif Random, ICI, Friches Théâtre Urbain et d’autres initiatives participatives locales dans un plus grand projet d’archivage citoyen. 

Équipe

  • Sarah Harper – artiste chercheuse 
  • Pascal Laurent – direction technique
  • Erwan Quentin – créateur sonore
  • Frede Déthier – dessinatrice
  • Claudia Verdejo – costumière

Compagnies artistiques partenaires 

Les co-responsables

Sarah Harper

Sarah Harper

Directrice artistique - chercheuse

Friches Théâtre Urbain

Sarah Harper